Voyage au pays du textile tarnais

Je sais, je sais, le blog est laissé un peu beaucoup à l’abandon. Comme la plupart d’entre vous le savent, il y a eu pas mal de changements dans ma vie depuis le début de l’année, pas mal de réflexions sur l’avenir aussi et pas mal d’interrogations. Je n’ai pas arrêté de filer pour autant, j’ai même découvert depuis un an le fuseau « spindolyn », moi qui jurais par tous les dieux et la Grande Licorne Rose Invisible que je n’en ferai jamais.
Mais aujourd’hui, je ne vais pas vous parler mon travail.
Aujourd’hui, je vais vous parler d’un lieu magique : le Musée Départemental du Textile, à Labastide-Rouairoux, dans le Tarn (81).

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Des cônes et des « fromages » de fils partout : c’était Disneyland !

On parle ici de fils et de tissus de laine, essentiellement de la laine de mouton de Lacaune. La région de Mazamet a connu un rayonnement mondial du XIXe siècle à la moitié du XXe (et un peu plus), d’une part pour le travail du cuir, et d’autre part pour son industrie textile. Dans la 1re partie du XXe siècle, de grandes marques comme Chanel ont fait appel aux manufactures de la région et notamment de Labastide-Rouairoux. Evidemment, vous connaissez la chanson : perte de vitesse de l’économie, concurrence des matières synthétiques… et au début des années 2000, la petite ville a perdu toutes ses manufactures. Aujourd’hui, il n’en reste qu’une, les Toiles de la Montagne Noire.

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Enorme cardeuse pour créer plusieurs petites nappes en rouleaux, de petites largeurs, prêtes à être filées. Je n’imagines pas le boulot pour la nettoyer !

Un musée a été créé dans l’une de ces anciennes manufactures, par la volonté d’anciens ouvriers qui voulaient conserver et partager leur histoire.

La visite guidée a duré 1h30 environ, avec une guide enthousiaste et qui a su nous faire revivre le quotidien des ouvriers de la manufacture. Le plus de ce musée est que la plupart des machines (les plus anciennes datent de la moitié du XIXe siècle) fonctionnent et même en étant fileuse et un peu tisserande en amateur, ce n’est pas du tout la même chose de voir le côté industriel. Le visiteur découvre donc toutes les étapes, de la matière brute à tripatouiller (chouette !) au produit fini, en passant par le cardage, le filage, le pelotonnage, le tissage, le garnissage…

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Chardonneuse-jitteuse du XIXe siècle pour garnir le tissu. Le mot « carder » vient du chardon (famille des cardères), car avant l’apparition des cardes telles que nous les connaissons, on cardait la laine avec des chardons !

On se rend compte alors de tous ces métiers qui ont fait l’histoire du fil et du tissu et qui ont aujourd’hui complètement disparu. Certes, la plupart étaient ingrats pour nos yeux d’aujourd’hui, très répétitifs et à haute pénibilité, mais tout de même, on ne peut nier que tout ce savoir-faire a complètement disparu. Pour n’en citer que quelques-uns :

  • les noueuses, dont le métier consistait à raccorder les fils de chaîne d’un tissu sur le métier à d’autres fils de chaîne pour continuer le tissage en une seule pièce sur une très grande longueur (jusqu’à 1000 nœuds/heure !)
  • les canetières, qui remplissaient les bobines ou les canettes
  • les vérificateurs, qui examinaient le tissu une fois terminé pour noter les imperfections d’un petit fil rouge ou blanc
  • ou encore celles qui réparaient ces imperfections (un fil de trame qui a sauté par exemple) à la main…

On prend également conscience du bruit qui devait régner dans les ateliers. Rien que le bruit d’un seul métier à tisser ou d’une seule cardeuse est assez assourdissant, alors quand il y en avait 80 en route en même temps, sans protection auditive pour les ouvriers, imaginez un peu.

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Le laboratoire de teinture. Dans les tubes, on trouve des échantillons de fibres teintes qui servent de référence

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Un casier très intéressant : sur chaque ligne, on a un panel de fibres différentes mais teintes avec exactement la même formule de teinture. Les résultats sont tellement différents d’une fibre à l’autre !

Je ne saurai que vous conseillez d’aller voir de vos propres yeux toutes ces petites merveilles. Vraiment un très beau musée à découvrir. Et pour celles et ceux qui sont dans le coin, des ateliers sont organisés une fois/mois pour découvrir le filage, le tissage ou encore la sérigraphie sur tissu.

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